Une NES gratuite, un écran bleu et un logo qui s'efface
Mon premier essai de retrobright, sur une NES gratuite qui lisait mal les cartouches. Le connecteur d'origine a suffi pour refaire fonctionner les jeux. Pour retrouver le gris du boîtier, il a fallu plusieurs jours, et une partie du logo Nintendo y est passée.
Avant
Après
Celle-là, personne ne me l'a vendue. On m'a donné une NES à chargement frontal, avec la petite porte qu'on soulève pour insérer une cartouche. Fabriquée au Japon, étiquette Mattel Canada en dessous, et une coque du dessus bien jaune. Le dessous était encore gris. Les deux côte à côte, c'était assez évident.
On me l'avait décrite comme capricieuse avec les cartouches : la lumière clignotait plus souvent que les jeux démarraient. Il y avait donc une réparation à faire, mais aussi quelque chose que je voulais essayer. Le retrobright, un traitement pour atténuer le jaunissement du plastique. Je n'en avais jamais fait, et cette NES gratuite allait être mon premier essai.
Quatre jours de soleil
La météo annonçait quatre journées de ciel dégagé. J'ai commencé simplement : la coque du dessus et la porte des cartouches dehors, au soleil, sans aucun produit. Après douze heures, je ne voyais pas grand-chose de changé.

Le lendemain, je suis passé au peroxyde d'hydrogène à 12 %, dans un contenant fermé. Le plastique restait au-dessus du liquide; je voulais essayer la méthode à la vapeur. Dans mes notes, je m'étais rappelé de faire attention et de porter des gants avec le peroxyde à 12 %. Pour le résultat, par contre, je n'avais encore aucun point de comparaison.

Douze autres heures dehors. Il me semblait que ça commençait à changer, mais il fallait regarder de près.

Le jour suivant, après onze heures de plus, j'ai eu un petit accident en déplaçant la table pour suivre le soleil : la coque a glissé sur le côté dans le contenant. Je ne voulais pas l'ouvrir et laisser sortir la vapeur, alors je l'ai laissée comme ça.
Encore dix heures dehors le lendemain. Cette fois, je n'avais plus besoin de me convaincre. Le gris revenait.

Un dernier essai
La journée suivante était moins ensoleillée. J'ai acheté un litre de peroxyde à 3 % pour essayer autrement : la coque dans un sac refermable avec le liquide, puis le sac dans une glacière remplie d'eau à environ 45 °C. Je comptais l'y laisser jusqu'au lendemain.

Pendant ce temps-là, il restait une NES qui ne faisait pas jouer ses jeux. Je suis retourné à l'établi.
L'écran bleu
L'intérieur était un peu poussiéreux. Ce qui m'a surtout frappé, c'est la cartouche : elle entrait trop facilement, sans la résistance que j'attendais du connecteur. Elle semblait lousse dans la fente.

J'ai allumé la console avec un jeu à l'intérieur. Écran bleu, lumière d'alimentation stable. Pas le clignotement qu'on m'avait décrit, mais pas de jeu non plus. Avec une cartouche aussi peu serrée, mon premier suspect était le connecteur.

Ce connecteur, c'est une rangée de contacts à ressort qui relient la carte du jeu à celle de la console. Une cartouche peut être bien en place sans que tous ces contacts touchent comme il se doit.
Une fois le connecteur sorti, surprise : les broches étaient beaucoup plus propres que prévu! Aucune corrosion. Elles étaient surtout trop écartées pour bien serrer la cartouche. Je les ai redressées, puis nettoyées tant qu'à les avoir devant moi. Pas besoin de remplacer le connecteur.

La carte avait aussi besoin d'un nettoyage. Rien de spectaculaire, juste de la saleté à enlever pendant que tout était démonté.


Yoshi's Cookie pour commencer
J'ai remonté le tout et sorti Yoshi's Cookie. J'y ai beaucoup joué quand j'étais petit, alors j'avais envie de commencer par celui-là. Cette fois, le jeu est apparu à la place de l'écran bleu.

Avant de déclarer la console réparée, j'ai essayé un deuxième classique : Dragon Warrior. Lui aussi fonctionnait.

Le connecteur et la carte étaient toujours ceux de la console. Un nettoyage et des contacts redressés avaient suffi pour faire fonctionner les deux jeux.
Le logo
Le trempage, finalement, n'a pas ajouté grand-chose. Le plus gros du changement s'était déjà produit pendant les journées dans le contenant à la vapeur. La coque avait presque retrouvé son gris d'origine, mais une partie du logo Nintendo sur la porte avait commencé à s'effacer pendant le bain.

C'est là que j'aurais aimé m'arrêter un peu plus tôt. J'étais content de la couleur retrouvée, et le petit gain que je cherchais encore ne valait pas un morceau du logo. Sur cette coque, la méthode à la vapeur m'a donné le meilleur résultat. Après ce premier essai, je ne pense pas refaire de trempage.
Le lendemain matin, j'ai terminé le nettoyage des autres morceaux. La carte était déjà propre; le reste de la console en avait encore besoin.
La NES était gratuite. Une demi-bouteille de peroxyde à 12 % pour 10 $ CA, un sac refermable XL pour 1 $ CA et un litre de peroxyde à 3 % pour 5 $ CA : 16 $ CA de fournitures, aucune pièce de remplacement. Les deux jeux fonctionnent, la console est propre et le boîtier est presque redevenu gris. Le logo abîmé reste dans les photos. Lui aussi fait partie de cette réparation.

